Zeynep Kayadelen
Politique corrompue, cyberarmes soutenues par l’État et projets touchant à l’esprit humain… Zero Day transpose à l’écran une dystopie moderne.
Que se passerait-il si l’ensemble d’Internet et des infrastructures énergétiques du pays était frappé d’une cyberattaque pendant une minute entière ? Dans Zero Day, les scénaristes posent une question qui traverse aujourd’hui l’esprit de presque tout le monde et construisent une fiction autour des réponses possibles. Il semble quasiment impossible d’y apporter une réponse claire sans en faire l’expérience dans la réalité. En revanche, cette même question laisse le spectateur face à une chaîne ininterrompue d’interrogations. En voici quelques-unes : « Faut-il désormais organiser des exercices de cyberattaque comme on organise des exercices d’incendie ? », « Quelles mesures faut-il prendre contre cet ennemi invisible ? », « Doit-on conserver à portée de main des méthodes à l’ancienne ? », « Faut-il préparer les lampes à pétrole ? »
Je suis certaine que nous commencerons tous à poser ces questions à voix haute après avoir visionné cette série. La plus cruciale pourrait être la suivante : quel avenir pour l ‘humanité dès lors que la puissance technologique est confiée à une politique corrompue et à des dirigeants moralement instables ? Par exemple, lorsque l’on entend parler, dans la série, d’armes développées par l’État pour atteindre l’esprit humain — comme le projet Protheus — on a le sentiment de se rapprocher à grands pas de l’univers dystopique de George Orwell.
Bien qu’un léger pincement au cœur nous saisisse en voyant combien Robert De Niro, l’acteur légendaire de 81 ans révélé par Taxi Driver, a pris de l’âge, le plaisir de le voir jouer demeure intacte.
Pour évoquer brièvement l’intrigue de la série… Zero Day débute par une succession d’événements qui viennent interrompre la retraite paisible de George Mullen, ancien président des États-Unis. Une cyberattaque provoquant un chaos à l’échelle nationale fait s’effondrer toutes les infrastructures et cause la mort de milliers de personnes. Au même moment, un message glaçant apparaît sur tous les téléphones : « Cela se reproduira. » Tandis que de la fumée s’élève aux quatre coins de la ville, les télévisions commencent à annoncer le nombre de victimes. Le gouvernement et les services de renseignement se mobilisent pour identifier les responsables de l’attaque et confient la direction de la commission créée à cet effet à l’ancien président très respecté, George Mullen.
Fort de son expérience passée et de son réseau, Mullen tentera de retrouver les auteurs de l’attaque. Mais la tâche est loin d’être aisée. Vétéran du Vietnam, Mullen est épuisé par le poids d’un passé marqué par les traumatismes. La douleur liée à la mort de son fils, survenue des années plus tôt, ainsi que des hallucinations dont il ne parvient pas à expliquer l’origine, entravent son chemin. Il doit lutter non seulement contre les terroristes, mais aussi contre sa fille rebelle, engagée dans le camp politique adverse, et contre des influenceurs en ligne qui attisent la colère du peuple.
Si vous n’êtes pas lassé de la face sombre de la politique, ce film au rythme haletant, subtilement tissé d’intrigues, est fait pour vous.

