UNE APPROCHE PLUS HUMAINE POUR L’ENTRAÎNEMENT DE L’IA
Xiang, A., Andrews, J.T.A., Bourke, R.L. et al. Un jeu de données d’images équitable et centré sur l’humain pour une évaluation éthique de l’IA. Nature, novembre 2025
Dans cet article
- Les découvertes scientifiques continuent d’enrichir notre compréhension du monde de manière surprenante.
- La curiosité est le moteur de chaque avancée et innovation.
- Explorer de nouvelles idées nous ouvre la voie à un apprentissage plus approfondi et à l’inspiration.

Une nouvelle étude présente la Référence en matière d’images équitables et centrées sur l’humain FHIBE (angl. Fair Human-Centric Image Benchmark), le premier jeu de données d’images à grande échelle et accessible au public, conçu dans une optique de développement éthique de l’IA. Contrairement à la plupart des jeux de données de vision par ordinateur existants, souvent extraits d’Internet sans consentement, FHIBE contient plus de 10 000 images provenant de près de 2 000 volontaires dans 81 pays. Toutes les images ont été collectées avec le consentement éclairé des utilisateurs, dans le respect de leur vie privée et avec une juste compensation.
FHIBE se distingue par sa diversité internationale et la richesse exceptionnelle des informations démographiques auto-déclarées, notamment l’âge, les pronoms, l’origine ethnique et le teint. Chaque image est également associée à des annotations détaillées au niveau du pixel, aux conditions environnementales et aux métadonnées de l’appareil photo. Cela fait de FHIBE l’outil le plus complet à ce jour pour évaluer les biais dans les systèmes d’IA centrés sur l’humain, de la détection des visages et de l’estimation de la pose à la réponse aux questions visuelles.
Lorsque des chercheurs ont testé des modèles de vision par ordinateur populaires sur FHIBE, ils ont mis au jour des biais connus et d’autres nouvellement identifiés. Par exemple, les modèles avaient tendance à être plus performants avec les personnes jeunes et à la peau claire, et rencontraient des difficultés avec les personnes âgées, les peaux foncées, la calvitie, et même les variations de coiffure. Ces observations démontrent l’importance cruciale des ensembles de données diversifiés et issus de sources éthiques : ils permettent aux scientifiques de détecter des biais subtils qui resteraient autrement invisibles. FHIBE rehausse non seulement les exigences en matière d’équité, mais offre également une feuille de route concrète pour la création responsable de la prochaine génération d’ensembles de données pour l’IA.
NOUVELLE FAÇON DE PERCEVOIR LES ODEURS, SANS MÊME LES SENTIR
Halina B. Stanley et al. Substitution de l’olfaction humaine par le système trigéminal. Sci. Adv., novembre 2025

Des scientifiques ont mis au point un dispositif inédit qui permet aux personnes ayant perdu l’odorat de « percevoir » à nouveau les odeurs, sans pour autant restaurer l’odorat réel. Ce dispositif fonctionne en associant un nez électronique (un capteur qui détecte les molécules odorantes dans l’air) à un minuscule stimulateur électrique placé à l’intérieur du nez.
Au lieu d’activer le système olfactif endommagé, le dispositif stimule le nerf trijumeau, un autre nerf situé dans le nez qui perçoit normalement les picotements, les irritations ou les variations de température provoquées par des substances comme le menthol ou le piment. La question était la suivante : le cerveau peut-il apprendre à utiliser ces signaux trijumeaux comme substitut à l’odorat ?
Au cours de quatre expériences menées auprès de plus de 60 volontaires (dont des personnes souffrant d’anosmie totale ou partielle), les chercheurs ont constaté que les participants pouvaient détecter de manière fiable la présence d’une odeur grâce au schéma de stimulation électrique. Certains pouvaient également distinguer différents schémas de stimulation, bien que cette capacité fût plus difficile et s’améliorât après un entraînement. La capacité à détecter le signal ne dépendait pas d’un odorat fonctionnel, ce qui signifie que même les personnes anosmiques pouvaient utiliser le système.
Le dispositif ne recrée pas les odeurs réelles mais il démontre, pour la première fois, qu’il serait possible d’offrir aux patients un moyen pratique de reconnaître différentes catégories d’odeurs, comme les odeurs alimentaires ou dangereuses, grâce à une autre voie nerveuse. Cela pourrait constituer une première étape vers une future « prothèse olfactive » pour les personnes souffrant d’une perte d’odorat permanente.

