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À L’ÉPREUVE DE L’ORGUEIL ET DE LA FORCE CENTRIFUGE DE LA SINCÉRITÉ

par CM Editor
À L’ÉPREUVE DE L’ORGUEIL ET DE LA FORCE CENTRIFUGE DE LA SINCÉRITÉ

Dans cet article

Lorsqu’un homme commence à se présumer comme la source des bienfaits de Dieu qui lui sont accordés, il perd ces bienfaits.

Même si l’œuvre bonne continue de s’étendre quelque peu au départ grâce à la force centrifuge de la sincérité, elle est destinée à s’interrompre après un certain temps, à cause de la perte de la sincérité d’intention.

Question : L’orgueil est un grave problème de caractère que nous expérimentons tout au long de notre vie. Nous revendiquons à tort la propriété de chaque bonne action à laquelle nous participons, oubliant qu’elles sont des bienfaits de Dieu. Comment les croyants peuvent-ils faire face à un tel orgueil ?

Se mettre à penser qu’on accomplit de bonnes œuvres, en constatant certains résultats positifs, peut sembler tout à fait innocent à la personne concernée. Toutefois, le péché peut trouver un chemin même dans le sentiment et les pensées les plus innocents. Nous altérons la bonne œuvre que nous avons faite dès lors que des pensées comme « nous avons fait ceci, nous avons fait cela ; nous avons planifié ceci, nous avons planifié cela… » envahissent nos neurones. Rester droit dans cette considération est très difficile. Même si tu réalises de grandes choses, si tu conquiers des mondes, si tu exhumes des trésors enfouis au plus profond de la terre, mais ensuite tu chantes tes propres louanges dans ton esprit en te disant « nous avons aussi participé réaliser ces œuvres », tu as déjà perdu.

La Création de Dieu n’admet aucun associé

La volonté d’une personne est essentielle dès le début de tout ce que nous entreprenons. Ainsi, il est important de reconnaître la force de cette volonté, en plus de satisfaire à toutes les conditions de causalité, de s’engager sérieusement dans la question avec une grande détermination, et de faire tout ce qui est en notre pouvoir avec sérieux. Cependant, le résultat d’une œuvre est un bienfait du Pouvoir Divin ; nous agissons parce qu’il est de notre devoir d’agir – nous ne possédons pas l’œuvre et ne pouvons en revendiquer la paternité. Dieu est Celui qui crée tous les êtres et tout ce qui arrive dans l’univers. Le partenariat est impossible. Penser à une participation de notre part à ce niveau équivaut à une forme d’association (shirk) avec Dieu.

Quand des gens commencent à se considérer comme la source des bienfaits de Dieu qui leur sont accordés, ils perdent ces bienfaits. Même si la bonne œuvre continue de s’étendre quelque peu à ses débuts, grâce à la force centrifuge de la sincérité, elle est destinée à s’arrêter après un certain temps, en raison de la perte de la sincérité d’intention. Ceux qui se sont engagés avec sincérité dans une œuvre louable s’égareront dès l’instant où ils seront persuadés d’être responsable de la réussite de cette œuvre. Même les saints n’échappent pas cette règle.

C’est pourquoi Bediüzzaman Said Nursi conseillait à ses disciples de relire le Traité sur la sincérité au moins toutes les deux semaines. Cela est très important pour qu’une personne puisse neutraliser totalement son ego et s’approcher du “nous” — qui est en réalité une forme mineure d’association avec Dieu — puis, par une considération encore plus sincère, abandonner même ce “nous” et s’attacher, finalement, au “Lui”.

Le chemin que nous suivons est celui de l’unité Divine. C’est le chemin de la renaissance de la conscience de l’existence de Dieu et de Son unicité. Les dynamiques essentielles de cette question ont été endommagées depuis des années et sont oubliées par beaucoup. Il faut savoir qu’il n’est pas possible de marcher sur le chemin de l’unité Divine tout en associant des partenaires à Dieu. Si tu commences à attribuer certains résultats à autre chose qu’à Dieu, comme la causalité ou ton ego, Dieu te les enlèvera après un certain temps. Au moment où tu croiras avoir bâti un monde, il s’écroulera sur toi et tu resteras enseveli sous les décombres. Pour cette raison, à mesure que les bienfaits et faveurs Divines augmentent, notre attention pour Lui et notre lien avec Lui doivent également se renforcer ; tout ce qui n’est pas Lui doit être effacé de nos considérations.

Nursi explique la place des causes par rapport à l’Unicité de Dieu comme suit : « La Dignité et la Grandeur de Dieu requièrent des causes apparentes pour prévenir les plaintes et pour cacher, à ceux qui raisonnent superficiellement, la main de la Puissance dans certaines affaires apparemment insignifiantes ou viles. Dans le même temps, l’Unicité et la Gloire de Dieu exigent que ces causes apparentes n’aient aucune part ni dans la création, ni dans l’ordonnancement des choses. » (Premier Traité, Al‑Mathnawi al‑Nûrî)

Comme on le voit, les causes ne servent qu’à faire écran entre nous et notre Créateur. Bien que l’humain soit doté du don de la raison et honoré par le meilleur modèle de création, ses actions ne sont rien d’autre que des causes apparentes. Par conséquent, mettre le « je » à la place du « Lui » est un acte gravement irrespectueux envers Dieu.

Une personne ne devrait pas laisser la moindre considération erronée à cet égard polluer son esprit, parce que cette pensée pourrait croître progressivement et faire de la personne un monument d’égoïsme. Une fois que la question en arrive là, même la personne concernée ne peut plus facilement détruire cette idole qu’elle a elle-même construite.

Sincérité

Il est affirmé qu’il est Dieu qui t’a créé ainsi que tout ce que tu fais (Sâffât 37:96). On ne peut pas ressentir cela constamment. Parfois, on peut revendiquer les fruits de l’effort fourni. Cependant, dès que l’on réalise cela, la personne doit demander immédiatement pardon à Dieu et s’éloigner de ces pensées erronées. Il ne faut même pas permettre à l’imagination d’être polluée par de tels types de pensées. Jusqu’à présent, il n’y a pas de personne véritablement couronnée de succès parmi celles qui répètent sans cesse « je ». Même si ces personnes mènent à bien une tâche dans une certaine mesure, elles finissent par céder à un tourbillon à un moment inattendu, et s’effondrent. Dieu n’aime pas celui qui ne cesse de dire “je”. C’est pour cette raison que, si nous souhaitons réussir dans nos engagements pour Sa cause, nous devons réaliser toutes nos actions avec sincérité.

L’âme charnelle — le désir intérieur de chaque personne qui nous pousse vers les gains ou les plaisirs mondains, à faire ce qui est blâmable et interdit — souhaite se voir indépendante de Dieu et veut se vanter des réalisations qu’elle a accomplies. Cependant, comme le dit le prophète (paix sur lui) dans le Coran, l’âme humaine commande impérieusement le mal (Yûsuf 12:53), et ne peut donc pas être digne de confiance. Lorsque nous faisons certaines actions au nom de l’âme charnelle et que nous lui attribuons le mérite, nous finissons par dévaloriser les actes accomplis en plus de supprimer leurs effets positifs. Les actions faites pour l’âme charnelle sont vouées à être infructueuses dans l’au‑delà également. Même si tu conquiers des mondes, si tu agis pour l’âme charnelle, tu ne recevras aucune récompense de Dieu Tout-Puissant.

De plus, il ne fait aucun doute que de telles attitudes égoïstes susciteront une réaction chez les serviteurs sincères de Dieu. Tu peux encourir leur antipathie, et ces actions peuvent pousser tes compagnons vers le chemin de l’envie et de la jalousie. Il faut se rappeler qu’une personne qui s’approuve elle-même pour ses œuvres et sa personne rejettera les autres avec la même intensité.

Le culte de la « minimisation »

Les bonnes œuvres, aussi modestes soient-elles vues de l’extérieur, deviennent grandes lorsqu’elles sont faites avec sincérité d’intention. Rien accompli pour Dieu n’est insignifiant. Le noble Prophète conseille de ne sous-estimer aucun acte bon, même s’il s’agit simplement d’un sourire (Muslim, Birr 144).

Nous devrions à la fois considérer comme insignifiant les grandes œuvres accomplis pour notre personne et ne rien sous-estimer des actions, aussi minimes soient-elles, qui sont accomplis pour Dieu. Un croyant doit avoir une telle perspective pour tout ce qu’il tente de faire. Aucun acte personnel ne devrait être vu comme grand. Il devrait considérer tant les actes d’adoration qu’il accomplit pour Dieu que ses efforts pour glorifier le Nom Divin comme minimes. Il ne doit pas se sentir satisfait du temps qu’il consacre à Dieu, ni des efforts qu’il fournit pour guider les autres ou transmettre le message. En réalité, une telle considération compte aussi comme un acte d’adoration. Appelons cela le « culte de la minimisation ». S’il y a de la grandeur, elle réside dans le fait d’accomplir nos actions pour le bien de l’humanité et de les faire dans le désir d’obtenir le bon plaisir de Dieu, car nous croyons que Dieu peut accorder de grands résultats positifs même à des efforts de petite envergure.

Par exemple, considère quelques bonnes actions que tu as faites avec intention sincère, comme ouvrir des foyers pour quelques étudiants. Dieu peut en faire un moyen de grande expansion dans le futur. Les graines que tu as semées peuvent devenir des jeunes pousses, puis des arbres, puis commencer à fleurir partout, et aider à transformer le monde en un jardin de roses. Même celui qui a initialement semé les graines reste dans l’émerveillement devant ce résultat. C’est un résultat certain : les actions entreprises ont été faites dans le but d’obtenir l’agrément de Dieu, et ceux qui ont accompli ces grandes œuvres n’ont essayé d’exprimer aucune grandeur ou magnificence à travers leurs activités.

Conclusion

En conclusion, nous pouvons dire que, concernant les personnes qui ne sont pas principalement préoccupées par les bénéfices des bonnes œuvres qu’elles ont accomplies, qui ne se mettent pas elles-mêmes en avant, qui ne poursuivent pas d’intérêts mondains, et qui servent réellement Dieu avec dévotion désintéressée — Dieu les fera réussir. Comme il est dit dans le premier verset de la sourate « Fath », Dieu dégagera leur voie, ouvrira de nouvelles routes, et transformera des sentiers étroits en grandes voies pour eux.

Quant à ceux qui agissent comme des araignées et s’occupent plutôt de tisser un monde pour eux-mêmes, et nourrissent des pensées telles que « je travaille, je continue de courir, je migre, je supporte de grandes difficultés… Où sont les retours de tous ces efforts et sacrifices ? » ils tomberont dans la toile qu’ils ont eux-mêmes tissée, qui est la toile de l’orgueil. Une fois pris dans cette toile, ils ne pourront en sortir et deviendront la proie des autres.

Que Dieu nous bénisse tous par la paix et nous accorde une vie qui se termine dans la félicité.

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