LUMIÈRE LASER DANS LES BIOMATÉRIAUX ?
Rachel Berkowitz, « Les plumes de paon peuvent devenir des lasers », Science, juillet 2025
Avec leurs longues plumes caudales impressionnantes et leurs motifs en forme d’œil, possèdent un secret surprenant : elles peuvent émettre des faisceaux de lumière laser. Une étude publiée en juillet 2025 dans Scientific Reports montre que de minuscules structures réfléchissantes présentes dans ces plumes amplifient la lumière en faisceau cohérent, formant ainsi une cavité laser.
Les lasers se forment lorsque les électrons du milieu émettent des photons, et que la lumière est ensuite amplifiée en un faisceau cohérent dans une cavité réfléchissante. Les chercheurs affirment que ce qu’ils ont découvert dans les plumes de paon est le « premier exemple de cavité laser » dans le règne animal. Le physicien Nathan Dawson, de l’Université Polytechnique de Floride, et ses collègues ont étudié les microstructures ordonnées présentes dans les plumes, qui produisent des couleurs vives en réfléchissant la lumière à des fréquences spécifiques. Leur objectif était de voir si ces microstructures pouvaient aussi fonctionner comme une cavité laser. Pour cela, ils ont coloré les plumes puis les ont stimulées avec de douces impulsions lumineuses.
Ce qu’ils ont découvert n’était pas visible à l’œil nu, mais grâce à des instruments de laboratoire, ils ont détecté des faisceaux de lumière laser jaune-vert provenant des motifs en forme d’œil sur les plumes, à deux longueurs d’onde distinctes. De manière surprenante, la lumière laser émise depuis des parties de ces motifs de couleurs différentes apparaissait à la même longueur d’onde. Selon Dawson, la probabilité que cela arrive est « comme lancer deux dés à 100 faces et obtenir toujours 74 avec un dé et 83 avec l’autre ».
Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles applications médicales. Dawson explique que, si cette technologie est utilisée en toute sécurité dans le corps humain, elle pourrait permettre le biosensing, l’imagerie médicale et des traitements thérapeutiques utilisant des biomatériaux laser intégrés.
L’IMPLANT CÉRÉBRAL CRYPTÉ DÉCRYPTE LES CONVERSATIONS INTERNES
Gemma Conroy. « Implant cérébral crypté doté d'une fonction de lecture de pensées » Nature, août 2025.
Une nouvelle étude sur les Interfaces Cerveau-Ordinateur (BCI), ou dispositif de « lecture de pensée », montre des améliorations significatives dans le décodage précis du langage interne, tout en protégeant la vie privée grâce à un nouveau mécanisme de mot de passe. L’appareil a été testé sur quatre personnes souffrant de troubles de la parole causés par un accident vasculaire cérébral ou une maladie des motoneurones. Des électrodes placées sur le cortex moteur ont enregistré l’activité neuronale pendant que les participants tentaient de parler ou imaginaient silencieusement des mots et des phrases.
L’étude a révélé que les deux types de parole sont générées dans la même zone du cerveau, bien que les signaux associés à la parole intérieure soient plus faibles. Des modèles d’IA ont ensuite été entraînés à identifier les phonèmes — les plus petites unités de la parole — à partir de ces signaux, puis à former des mots et des phrases à partir d’un vocabulaire de 125 000 mots. Le système a réussi à décoder jusqu’à 74 % des phrases imaginées silencieusement, avec une précision comparable à celle des BCI actuelles basées sur des tentatives de parole. Il a également détecté des formes spontanées d’auto-discours, comme le comptage silencieux, suggérant que le système peut capturer des formes plus naturelles de dialogue intérieur.
Pour protéger la vie privée, les chercheurs ont conçu un mécanisme chiffré qui ne s’active qu’au déclenchement du processus de décodage. Lorsque les participants imaginaient la phrase « Chitty-Chitty-Bang-Bang », le système la reconnaissait avec une précision supérieure à 98 %, empêchant ainsi toute lecture non désirée de pensées privées. Il s’agit d’une étape importante pour aider les personnes atteintes de paralysie ou de perte de la parole à communiquer naturellement par la pensée. Le mécanisme de mot de passe renforce ainsi la confidentialité dans des situations d’utilisation concrète. Les chercheurs envisagent d’explorer d’autres zones du cerveau et d’optimiser la rapidité et la précision du système afin de le rendre utile à un plus large éventail de troubles de la parole.

